Femme aux seins percés (La) Imprimer
Titre original : Woman with pierced Nipple
Pays : Japon
Anne : 1983
Dure : 109 minutes

Interprétation : Jun Izumi


Synopsis : Une jeune femme en mal d'amour reçoit des dizaines de roses chaque jour, envoyées par un inconnu. Charmée, lorsque ce dernier l'appelle enfin, elle se laisse entraîner dans une histoire aux fantaisies sexuelles déviantes. C’est le réalisateur Shogoro Nishimura, vétéran de la Nikkatsu qui inaugura, en 1971, la série es Ménagères perverses (Danchi zuma) – histoires de femmes au foyer frustrées par des maris toujours absents – qui fut déterminante dans le succès des Roman Porno. Ce grand artisan de studio rompu à tous les genres offre ici un divertissement érotique aussi génialement inspiré des fantasmes amoureux de l’héroïne d’Histoire d’O que des libertins assassins de L’Histoire de Juliette ou les prospérités du vice du Marquis de Sade.

Notre avis :
Par Anthony S.

Amateurs de fellations, sodomie et plus si affinités, passez votre chemin ! Comme son nom ne l'indique pas (au risque d’en tromper plus d'un), le « Roman Porno Japonais » ne désigne pas un bon vieux boulard originaire du pays du soleil levant, et il s’agirait plutôt d’un terme marketing de la société de production Nikkatsu pour désigner une pelloche d'exploitation à tendance romantique érotique.
Ici, point de gros plan cru ni de détail scabreux dans ces productions nippones (la censure locale étant d'une incroyable rigueur). Du coup, le stakhanoviste Shogoro Nishimura préfère passer au crible la lente et fatale soumission d'une femme par un dominateur huppé tout en se passant de détails qui auraient finalement ralenti son histoire.
Soumission, fétichisme, domination ainsi qu'un certaine idée du bondage sont donc au programme de cette Femme aux seins percés directement influencée par le Marquis de Sade et les Histoire d'O de Pauline Réage, mêlant autant de scènes violemment érotique (l'héroïne se masturbant sur un parterre de roses épineuses) que romantiquement surréalistes (le club de Monsieur Gondo possède un sens de l'œnologie plutôt caustique).
Vous l'aurez donc compris, cette œuvre est destinée aux vrais amateurs du genre et aux aficionados de la culture nippone. Malgré son apparence anti-racoleuse, La Femme aux seins percés est une de ces œuvres qu'il faut avoir vu pour appréhender et apprécier un certain pan de la culture japonaise.



Notre avis :
Par Anthony S.

Un son mono d'origine et un format 1.77. Est-ce qu'on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ? Bien au contraire ! L'éditeur préfère offrir une copie on ne peut plus respectueuse de l'œuvre originale plutôt que d'essayer d'en mettre plein la vue avec un recadrage 16/9 et un mix 5.1 qui ne seraient, de toute façon, pas de circonstance. Et c'est un vrai travail d'orfèvre que propose donc Wild Side, avec une image exempte de tout défaut (pour une pelloche de ce type, le travail est plus que remarquable) et un son on ne peut plus clair malgré le seul et unique canal exploité. Bravo !
Concernant les bonus, ceux-ci ne sont pas légion. Qu'importe, le supplément Cinéroman, le temple du Roman Porno remplace sans problème les featurettes promotionnelles et autres bandes-annonces qu'on a l'habitude de voir mais qui ne riment à rien. Ici, Ju Kobayashi, gérant de la dernière salle spécialisée dans l'exploitation de Roman Porno nous parle pendant 26 minutes de l'histoire du label érotique de la Nikkatsu. Il évoque son origine, son histoire complète et son importance sur la législation dans l'érotisme avant d'enchaîner sur l'autre label "Ropponica" et de nous parler de deux figures de proue féminines du mouvement : la réalisatrice Sachi Hamano et la comédienne Kuaro Kuroki. Si on ne devait faire qu'un reproche à ce bonus, ca serait sa trop courte durée.